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VIII.
De hydraulicis organis.
1. De hydraulicis (60) autem
quas habeant ratiocinationes, quam brevissime proximeque attingere
potero et scriptura consequi, non praetermittam. De materia compacta
basi, arca in ea ex aere fabricata collocatur. Supra basim eriguntur
regulae dextra ac sinistra scalari forma compactae, quibus
includuntur aerei modioli, fundulis anrbulatilibus ex torno
subtiliter subactis, habentibus fixos in medio ferreos ancones (61),
et verticulis cum vectibus coniunctos, pellibusque lanatis involutos
(62). Item in summa planitia foramina circiter digitorum ternum,
quibus foraminibus proxime in verticulis collocati aerei delphini
(63), pendentia habent e catenis cymbala ex aere infra foramina
modiolorum chalata.
2. Intra arcam, quo loci aqua
sustinetur (64), inest pnigeus (65) uti infundibulum inversum, quem
subter taxilli alti circiter digitorum ternum suppositi, librant
spatium imum ima inter labra pnigeos et arcae fundum. Supra autem
cerviculam eius coagmentata arcula sustinet caput machinae, quae
Graece κανὼν μουσικὸς appellatur
: in cuius longitudine canales, si tetrachordos est, sunt quatuor, si hexachordos, sex, si octochordos
(66), octo.
3. Singulis autem canalibus
singula epistomia (67) sunt inclusa, manubriis ferreis collocata :
quae manubria quum torquentur, ex arca patefaciunt nares in canales.
Ex canalibus autem canon habet ordinata in transverso foramina
respondentia naribus, quae sunt in tabula summa, quae tabula Graece πίναξ dicitur.
Inter tabulam et canona regulae sunt interpositae, ad eumdem modum foratae et oleo
subactae, ut faciliter impellantur, et rursus introrsus reducantur,
quae obturant ea foramina pleuritidesque appellantur, quarum itus et
reditus (68) alias obturat, alias aperit terebrationes.
4. Hae regulae habent ferrea
choragia (69) fixa et iuncta cum pinnis, quarum pinnarum tactus
motiones efficit regularum. Continentur supra tabulam foramina, quae
ex canalibus habent egressum spiritus : regulis aliis (70) sunt
annuli agglutinati, quibus lingulae omnium includuntur organorum. E
modiolis auteur fistulae sunt continenter coniunctae pnigeos
cervicibus pertingentesque ad nares, quae sunt in arcula, in quibus
asses sunt ex torno subacti et ibi collocati, qui, quum recipit
arcula animam, spiritum non patientur obturantes foramina rursus
redire.
5.
Ita quum vectes extolluntur, ancones deducunt fundos modiolorum ad
imum, delphinique, qui sunt in verticulis inclusi, chalantes in eos
cymbala, replent spatia modiolorum, atque ancones, extollentes fundos
intra modiolos vehementi pulsus crebritate, et obturantes foramina
cymbalis superiora, aera, qui est ibi clausus, pressionibus coactum
in fistulas cogunt, per quas in pnigea concurrit, et per eius
cervices in arcam : motione vero vectium vehementiore spiritus
frequens compressus epistomiorum aperturis influit, et replet anima
canales.
6.
Itaque quum pinnae manibus tactae propellunt et reducunt continentes
regulas, alternis obturando foramina, alternis aperiundo, ex musicis
artibus multiplicibus modulorum varietatibus sonantes excitant voces.
Quantum
potui niti, ut obscura res per scripturam dilucide pronuntiaretur,
contendi; sed haec non est facilis ratio, neque omnibus expedita ad
intelligendum praeter eos, qui in his generibus habent
exercitationem. Quod si qui parum intellexerint e scriptis, quum
ipsam rem cognoscent, profecto invenient curiose et subtiliter omnia
ordinata.
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VIII.
Des orgues hydrauliques.
1.
Je n'omettrai point d'expliquer le mécanisme des orgues mises
en jeu par le moyen de l'eau; mais je ne vais traiter cette matière
que le plus succinctement que je pourrai, et avec le moins de mots
possible. Sur une base faite avec du bois, on met un coffre de cuivre
; de cette base s'élèvent, à droite et à
gauche, deux règles jointes ensemble en forme d'échelle;
entre ces règles on enferme des cylindres creux en cuivre,
avec des pistons parfaitement arrondis au tour et attachés à
des branches de fer qui, faisant au milieu le coude à l'aide
de charnières, tiennent elles-mêmes de la même
manière à des leviers, et sont enveloppées de
peaux encore garnies de leur laine. Dans la plaque qui forme le haut
des cylindres, sont des trous de la grandeur d'environ trois doigts.
Tout près de ces trous sont placés des dauphins de
cuivre également attachés avec des charnières.
Ils tiennent suspendus à des chaînes des cônes en
cuivre qui, ayant leur base en bas, descendent dans les trous des
cylindres.
2.
Dans le coffre où l'eau est suspendue, il y a un puigée,
espèce d'éteignoir, sous lequel on place des sortes de
dés d'environ trois doigts qui laissent le même espace
entre ses bords inférieurs et le fond du coffre. Au-dessus de
son col, qui va en rétrécissant, est soudé un
coffret qui soutient la partie supérieure de la machine
appelée en grec κανὼν μουσικὸς
(règle musicale) : cette partie a dans la longueur quatre
canaux, si l'orgue est à quatre jeux; six, s'il est à
six jeux; huit, s'il est à huit.
3.
Chaque canal a un robinet, avec une clef de fer. Cette clef, quand on
la tourne, laisse passer dans les canaux l'air renfermé dans
le coffre. Le long de ces canaux qui traversent le κανὼν,
il y a une rangée de trous qui répondent à
d'autres qui sont dans la table supérieure, appelée en
grec πίναξ (table). Entre cette table
et le κανὼν, on place des règles
percées en face des trous du κανὼν,
et frottées d'huile pour qu'elles puissent être
facilement poussées et ramenées à l'intérieur.
Leur destination est de boucher les trous qui sont le long des canaux
: on les appelle pleuritides (côtes); lorsqu'elles vont ou
qu'elles viennent, elles donnent ou ôtent le vent aux tuyaux.
4.
Ces règles ont des ressorts en fer qui les attachent aux
marches; quand ces marches sont touchées, elles font remuer
ces règles. Au-dessus de la table il y a des trous qui
laissent sortir le vent des tuyaux. A d'autres règles encore
sont soudés des anneaux dans lesquels sont enfermés les
bouts de tous les tuyaux. Depuis les cylindres jusqu'au col du
pnigée, s'étendent les uns à la suite des autres
des conduits qui communiquent avec les trous du coffret. Dans ces
trous sont placés des focets qui, les bouchant hermétiquement,
ne laissent point ressortir le vent que renferme le coffret.
5.
Ainsi, quand on lève les leviers, les tringles de fer coudées
font couler les pistons jusqu'au fond des cylindres, et les dauphins
qui sont retenus par des charnières, laissant descendre les
cônes dans les cylindres, donnent entrée à l'air
qui les remplit. Puis les tringles de fer, par le mouvement rapide
imprimé aux pistons, les faisant monter dans les cylindres, et
bouchant en même temps les ouvertures avec les cônes
soulevés par la force de l'air intérieur, forcent cet
air comprimé dans les cylindres par les coups de piston, à
passer dans les conduits par lesquels il se précipite dans le
pnigée, et de là, par son col, dans le coffret. Aussi,
l'air fortement comprimé par la fréquente impulsion des
leviers, entre par les ouvertures des robinets et remplit les canaux
de vent.
6. Lors donc qu'une main habile touche les marches qui,
en poussant continuellement les règles, et en les laissant
revenir, ouvrent ou ferment le passage au vent, elle produit une
grande harmonie par la nombreuse variété des
inflexions.
6.
J'ai cherché, autant qu'il était en mon pouvoir, à
éclaircir, dans ce chapitre, une matière par elle-même
fort obscure : c'est un instrument qui ne peut être facilement
compris que par ceux qui en ont étudié de près
toutes les parties. Et si la description que j'en donne est peu
intelligible pour quelques personnes, je suis sûr qu'en le
voyant exécuté, elles en trouveront le mécanisme
aussi ingénieux que régulier.
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